Blandine Perrot Psychologue à répondu à nos questions

14/11/2017

Psychologue clinicienne et Psychothérapeute, Blandine Perrot accompagne enfants, adolescents et adultes. Suite à une expérience professionnelle dans une clinique de fertilité lyonnaise, son travail s'est naturellement orienté autour des questions de la parentalité, de la périnatalité et des nouvelles familles.

blandine-perrot

Pourquoi êtes-vous devenue psychologue ? Quel est votre parcours, votre formation ?

Je crois que je me suis orientée vers la Psychologie parce que je suis curieuse ! L'esprit humain me paraissait énigmatique. J'avais envie de comprendre, je me suis donc lancée dans ces études passionnantes. J'ai obtenu un Master en Psychopathologie et Psychologie clinique à Lyon II et je me suis installée en cabinet sur Grenoble en 2015.

Lycéenne, j'avais appris le langage des signes et j'ai pu découvrir la culture sourde, d'une grande richesse. Je propose donc des consultations en langage des signes pour accueillir des sourds et malentendants sans interprète.

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu'est la thérapie ? Quelle est votre approche ? 

C'est avant tout une rencontre humaine. Tout est mis en place pour créer un environnement de confiance pour parler librement.

Je reçois la personne, le couple ou la famille et nous échangeons ensemble sur les difficultés qui peuvent faire blocage. Cela peut concerner des problèmes rencontrés lors d'une période de deuil, de chômage, d'un parcours d'AMP, d'une séparation ou encore survenir durant les phases de transition : retraite, déménagements, premier enfant, adolescence... Les difficultés de la vie que chacun peut connaître.

Une fois que j'ai une représentation de la situation et de la gêne au quotidien (angoisses, insomnies, cauchemars, troubles alimentaires, addiction, TOCS...), mon rôle est de trouver un sens à tous ces éléments et de faire le lien entre les symptômes décrits et les souffrances psychiques. Ce processus permet petit à petit de « désamorcer » en quelque sorte l'intensité des symptômes jusqu'à un mieux-être.

Mon objectif est de libérer la personne de ses entraves et de sa souffrance grâce à la prise de conscience de la situation et des mécanismes en jeu afin que cela ne se répète pas.

Comment se déroule une séance ?

Souvent les gens ont en tête le stéréotype du psychologue : assis dans un fauteuil et prenant des notes sans dire un mot, en hochant la tête. 

C'est assez drôle, parce que dans ma pratique, je ne prends que très peu de notes durant une consultation, mais plutôt après-coup. Je pose des questions, j'oriente la discussion, c'est vivant et spontané ! 

Pour que nous ne soyons pas dérangés pendant l'entretien, j'éteins toutes les sonneries des téléphones et je privilégie l'échange. Je rappelle en fin de journée les personnes ayant tenté de me joindre pour une prise de rendez-vous. 

L'échange dure environ 45 minutes et le quart d'heure suivant est consacré à ma prise de notes une fois que le patient est parti.

Je cherche ce qui convient le mieux à chaque individu. Pour les enfants par exemple, je peux utiliser des médiations telles que la peinture, le dessin, le jeu ou le conte. Je m'adapte à chaque personne spécifiquement.

Le patient choisit la durée et la fréquence des séances. Je lui propose de faire un point au bout de trois consultations, pour voir s'il se sent bien avec moi et ma manière de travailler. Si ce n'est pas le cas, je l'oriente vers un confrère. Il est essentiel que les patients se sentent libres dans leur démarche. 

Je reçois les patients directement à mon cabinet sur Grenoble, cependant il y a des personnes qui, pour différentes raisons, ne peuvent pas se déplacer. J'ai des patients qui sont sur d'autres continents, d'autres qui n'ont pas le temps de se déplacer. Pour les rencontrer malgré ces contraintes, je propose des visioconsultations.  Ceci me permet de programmer des rendez-vous pendant la pause déjeuner, le week-end ou encore le soir pour les personnes qui travaillent tard. Les patients sont chez eux, ils sont à l'aise et l'entretien se déroule exactement de la même façon que lors d'une séance classique.

Vous avez travaillé à la Clinique Natecia de Lyon...

En effet, j'ai exercé en tant que Psychologue Stagiaire à la clinique Natecia durant 9 mois au  service  ambulatoire. J'accompagnais les femmes et les couples qui venaient pour les ponctions, FIV, inséminations mais également pour les biopsies, fausses couches ou IVG. 

J'ai démarré ma pratique en périnatalité dans cette clinique. Parfois, des patientes que j'avais accompagnées durant leur grossesse revenaient me voir après l'accouchement avec leur bébé. 

D'autres avaient tellement attendu une grossesse, qu'une fois enceintes elles se trouvaient parfois submergées par ce bouleversement. Il est alors important pour les femmes qui ont recours à l'AMP de s'autoriser parfois à être mal ou en difficulté, au même titre qu'une femme étant tombée enceinte sans aide médicale! Elles peuvent demander de l'aide à leur entourage ou à un professionnel pour prendre du temps pour elles, souffler, se reposer, etc!

Les patient(e)s qui sont dans ce parcours sont souvent stressé(e)s, inquiet(e)s à l'approche de l'insémination, du transfert, de la ponction... l'accompagnement psychologique peut-il aider à mieux gérer le stress lié au protocole médical ?

Oui, pour plusieurs raisons. Déjà lors d'un rendez-vous nous pouvons aborder les difficultés rencontrées, pourquoi la grossesse ne vient pas. On parle de la déception, la tristesse, la colère parfois... Je questionne les réactions des proches, de la famille, mais également les problèmes rencontrés au travail en raison de l'AMP commencée.

Nous accueillons les affects tels qu'ils arrivent, sans jugement. Parfois l'AMP peut créer des problèmes de communication dans le couple parce que le stress est omniprésent. J'essaie alors de favoriser l'échange entre l'un et l'autre. C'est un travail commun pour améliorer la qualité de vie. Le fait que chacun(e) puisse exprimer ses ressentis soulagera l'angoisse, le stress, liés à ce parcours difficile.

L'AMP est une épreuve de l'attente : attente des examens, attente des résultats des examens, attente de la ponction etc... Il est important de rappeler à ces femmes et hommes que le présent c'est également leur corps, leur couple, leurs proches, leur travail.

Pensez-vous qu'un accompagnement global de la personne (médical et émotionnel) permet d'améliorer les taux de réussite des protocoles d'AMP ?

J'en suis convaincue. J'ai accompagné plusieurs femmes qui étaient en parcours d'AMP ou n'arrivaient pas à tomber enceintes naturellement. Très souvent une thérapie permet de mettre à plat certaines difficultés et souffrances, ce qui peut soulager de nombreux maux physiques.

Cela va avoir des incidences sur de nombreux points, l'accompagnement thérapeutique va jouer sur la qualité du sommeil, la gestion des émotions, et donc participer à la réussite des protocoles.

Il peut y avoir une fragilité biologique, beaucoup de stress et il peut quelques fois également être question d'un blocage psychique autour des questions de la parentalité (peur d'être un mauvais parent, doutes sur son désir d'enfant...). Les futurs parents ont tous leurs histoires et leurs difficultés, qui peuvent s'apaiser grâce à une psychothérapie. Les difficultés à tomber enceinte sont multifactorielles.

Pour celles pour qui malheureusement l'AMP ne fonctionne pas, ou tardivement, la thérapie constitue un soutien supplémentaire. Les séances permettent de soutenir les femmes et les couples face aux échecs des tentatives, aux fausses couches... Face à ces deuils répétés, il peut être nécessaire de se faire accompagner, et surtout, ne pas rester isolé...

 

 

Ajouter un commentaire

Ce site utilise des cookies pour collecter des informations statistiques sur la navigation. Si vous continuez à naviguer, considérez que vous êtes d'accord avec son utilisation.   Plus information.

X