Témoignage de Justine : maman solo depuis 11 mois

23/10/2019

maman solo articleJ’ai commencé à réfléchir à devenir maman solo en 2011 mais je n’arrivais pas à franchir le pas.

Il fallait que je fasse le deuil de la « famille idéale ».

Mes parents sont un  exemple pour moi : pas de divorce, 4 enfants, beaucoup d’amour. Ne pas passer par ce modèle-là était un échec à mes yeux. J’ai longtemps attendu l’homme qui deviendrait peut-être le père de mes enfants mais sans succès... Finalement en  2011, à l’âge de 35 ans, mon désir d’enfant a fini par pointer le bout du nez sérieusement et j’ai commencé à envisager un autre chemin pour devenir mère.

Les mois sont passés et j’avais toujours du mal à chercher des renseignements sur internet. En 2012, j’ai eu une discussion avec une amie qui a 3 enfants. Je lui ai expliqué mon projet et aussi ce qui m’empêchait de me lancer dans l’aventure. A l’époque, je trouvais la démarche pour devenir maman solo égoïste, c'est-à-dire, ne pas tenir compte des besoins de l’enfant qui pourrait souffrir de l’absence d’un père et donner plus d’importance à mon désir... Elle m’a rassuré et elle m’a dit qu’au contraire faire un enfant toute seule était une belle preuve d’amour pour cet enfant. Cette discussion m’a permis de voir les choses autrement et de me poser les bonnes questions.

Des questions, on en a plein : sur l’éthique, la place du père, la génétique, les racines, la famille etc.

Elles sont légitimes mais je pense que j’avais des idées fausses sur la PMA. J’avais en tête beaucoup de clichés sur le tourisme procréatif, j’imaginais par exemple devoir choisir le donneur sur catalogue, ce qui était impensable pour moi.

Entre juin 2012 et 2015, ce fût une période de gros changements dans ma vie : j’ai perdu mon emploi et les mois qui ont suivi furent compliquées ce qui retardait mon projet PMA. En septembre 2013, j’ai déménagé sur Toulouse. J’ai commencé une nouvelle vie et mon désir d’enfant s’est confirmé, il prenait de plus en plus de place…

C’est concrètement en 2015 qu’ont commencé mes démarches pour la PMA. J’ai découvert sur internet qu’il existait de nombreuses cliniques de PMA dans le monde. J’ai vu que les cliniques espagnoles demandaient des examens médicaux, que les protocoles avaient l’air sérieux et que  je ne pouvais pas choisir le donneur. 

Je pense que le fait de voir que l’Espagne avait une Loi de Bioéthique presque identique à celle de la France m’a beaucoup rassuré...

Mais rapidement je me suis retrouvée perdue entre toutes les cliniques, les tarifs, les techniques… Heureusement, une amie à moi connaissait un couple qui avait fait une PMA chez Girexx. Nous avons rapidement pu échanger par mail sur le parcours, les contacts avec la clinique, l’équipe médicale... J’avais déjà reçu le dossier d’une grande clinique espagnole de Barcelone, mais j’ai préféré prendre contact avec Girexx. Dans la foulée j’ai demandé un RDV avec une coordinatrice sur Toulouse. J’ai pu parler avec elle, poser des questions et être rassurée. C’était important pour moi de rencontrer quelqu’un de l’équipe.

En parallèle, j’ai pris RDV avec ma gynécologue pour lui exposer mon projet. Elle a été d’accord pour me suivre. Mon bilan hormonal n’était pas très bon. Nous étions fin 2016,  et pendant les fêtes de fin d’année, j’ai reçu un appel de la clinique qui m’annonçait qu’au vue de mes résultats, la FIV double don était à envisager… J’avais déjà dû faire le deuil du compagnon, du père de mes enfants, mais faire le deuil d’un enfant biologique était trop difficile pour moi. Tout s’est effondré. Je me suis dit qu’il fallait que je tire un trait sur la maternité. Après les fêtes, j’ai décidé de rappeler Girexx et d’expliquer que c’était trop difficile pour moi de ne pas essayer une FIV avec mes propres ovocytes. Mon dossier est repassé entre les mains des gynécologues et ils ont accepté que je fasse une FIV (avec très peu de chance de réussite) en comprenant que c’était primordial pour moi de tout tenter.

Je suis donc partie sur une FIV classique et après avoir changé de gynécologue en France, je me suis  lancée dans le traitement. Malheureusement les échographies de contrôle ont montré un résultat très moyen. Je ne répondais pas bien à la stimulation ovarienne et je n’ai pas pu aller jusqu’à la ponction.

La clinique m’a quand même proposé de faire une insémination pour ne pas perdre les effets de la stimulation ovarienne, et malgré les chances infimes de grossesse, j’ai choisi de tenter. Je me suis rendue à Gérone pour la seconde fois en avril 2017. Tout s’est très bien passé, j’ai reçu un bon accueil, j’étais très émue ….c’était très particulier. Je suis rentrée à Toulouse et 10 jours après mon insémination, j’ai eu mes règles.

Je me sentais perdue, ne sachant pas si j’allais continuer cette aventure. Je me rendais compte que si je voulais devenir maman, il me faudrait très certainement passer par un double don.

L’été qui a suivi a été très difficile, je me disais que c’était fini et en même temps je n’arrivais pas à me faire à l’idée de ne pas devenir mère. J’ai décidé de recontacter Girexx pour leur demander de m’envoyer tous les documents sur le double don et l’accueil d’embryons. Entre temps j’avais pris un rendez-vous avec une psy spécialisée dans les parcours PMA pour le mois de septembre. J’avais besoin d’y voir plus clair…

En aout 2017, je me suis sentie prête pour faire une demande d’accueil d’embryon : ça m’a parlé car j’avais déjà envisagé l’adoption d’un enfant bien avant la PMA, quand je pensais encore fonder une famille « traditionnelle ». A 25 ans, je voulais des enfants biologiques et des enfants adoptés. L’idée qu’un couple fasse don de ses embryons m’a touchée. Cela correspondait mieux à l’idée que je me faisais de MA famille.  Pour moi c’était une solution qui me convenait mieux que le don d’ovocytes. Et puis financièrement ce n’était pas la même chose.

Je me suis donc inscrite sur la liste d’attente (qui peut aller de 3 mois à 1 an) pour l’accueil d’embryon. Ce délai me laissait également le temps de cheminer …

Mi-octobre la clinique Girexx m’appelait pour me dire qu’il y avait des embryons pour moi. C’était un grand moment d’émotion, j’en ai pleuré…. J’ai imaginé que c’était les miens, j’ai commencé à leur parler. Je ne m’y attendais pas du tout, Et contre toute attente je me suis dis : "c'est maintenant qu’il faut te lancer ! ". J’ai donc réservé les embryons et rempli le dossier pour programmer le prochain transfert ! Il était prévu pour février 2018.

Entre octobre et février j’ai eu le temps d’investir ces petits embryons qui m’attendaient dans un coin de la clinique. J’avais hâte que le jour du transfert arrive et en même temps je restais prudente… je savais toutes les étapes à franchir. Le jour du transfert approchait… La clinique m’a contacté la veille pour me dire que les deux embryons avaient tenu lors de la dévitrification.

Le jour J, je me sentais stressée, et en même temps c’était un moment magique, agréable…L’équipe était aux petits soins avec moi. On sent que l’ambiance est positive, que toute l’équipe est là : ça aide.

Je suis restée plusieurs jours sur Gérone, mes parents étaient là aussi. On a découvert la ville pour la première fois et en se baladant dans les rues, j’ai fait un malaise : était-ce un signe ? Les embryons s’étaient-t-ils accrochés ? Après ce petit incident, je me suis reposée et j’ai attendu le jour de la prise de sang. Ce fût terriblement long, j’avais du mal à m’occuper l’esprit, j’étais centrée sur moi, j’inspectais tous les signes. Le jour J, j’ai fait ma prise de sang. J’ai reçu un mail du laboratoire impossible à ouvrir…finalement après quelques minutes le mail s’ouvrait sur un beau positif ! Avais-je bien lu ? M’étais-je trompée ? Je pleurais comme une madeleine ! J’ai appelé ma mère pour lui dire que c’est positif mais je pleurais tellement qu’elle ne comprenait pas. Et puis après quelques secondes nous étions 2 à pleurer de joie !

Je ne réalisais pas du tout et n’arrivais pas à croire que ça avait marché !

Mon bébé s’est fait attendre… il est né 4 jours après le terme. L’accouchement a été compliqué, et nous avons dû traverser des étapes bien difficiles, oui… encore… jusqu’au bout.  Si petit mais si courageux. Chaque jour et depuis le début, mon fils m’a prouvé son envie de vivre et je n’ai pas de mot pour dire combien je l’aime et combien je suis fière de lui.
Il a 11 mois aujourd’hui et le 21 novembre, nous fêterons son 1er anniversaire.

Il y aurait tant de choses à dire…

A toutes celles qui prennent ce chemin pour avoir un enfant: que ce soit par la force des choses ou par choix, soyez en accord avec vous-même, écoutez-vous, faites-vous confiance. Prenez le temps qu’il vous faut pour être sûre même si on le sait, l’horloge biologique n’attend pas, elle ! Armez-vous de patience, oui, beaucoup de patience…
Et surtout, entourez-vous de gens qui vous aiment et qui seront là quand vous en aurez besoin et qui franchiront avec vous ces fameuses « montagnes russes » émotionnelles !

Gardez espoir même dans les jours les plus noirs. C’est parfois quand on y croit plus que des Petits Miracles Attendus arrivent !!

 

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